Aménagement de la route Ndendé – Doussala - Dolisie

Aménagement de la route Ndendé – Doussala - Dolisie

Sommaire

A. CONTEXTE

Le manque d’infrastructures de transport et le mauvais état de l’existant ne favorisent pas le développement des économies de la sous-région, ni la libre circulation des personnes et des biens.
La vision du Programme Économique Régional est de faire de la CEMAC, à l’horizon 2025, un espace intégré, émergent, où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance au service du développement humain.
La mise en œuvre du Plan Directeur Consensuel des Transports en Afrique Centrale (PDCT-AC), dont l’un des objectifs est de relier les capitales par une route bitumée en bon état, justifie pleinement la construction de la route.
Le présent projet s’inscrit dans le cadre de l’exécution du PDCT-AT et doit permettre de relier Libreville à Pointe-Noire et Brazzaville.
Le Gabon et le Congo partagent plus de 1.900 km de frontière sans être pour autant reliés par une liaison routière pérenne, praticable en toutes saisons.
La transformation du corridor Libreville-Pointe Noire-Brazzaville en une route commerciale viable a nécessité une approche intégrée prenant en compte toutes les constructions ou améliorations des infrastructures physiques, y compris les équipements d’infrastructures de transit, ainsi que les changements politiques et opérationnels de facilitation du commerce et du transport. Le développement du Corridor a été programmé en deux phases, compte tenu de l’ampleur du programme nécessitant la mobilisation d’importantes ressources financières.

B. ETAT DES LIEUX

La principale route qui relie Libreville à Brazzaville (1.098 km). Le mauvais état des routes constitue un obstacle majeur aux échanges entre les deux pays. Les tronçons Ndende – Doussala (49 km) au Gabon et Ngongo -Kibangou (130 km) au Congo sont les derniers tronçons non aménagés sur le corridor routier Libreville – Mouila – Ndende – Doussala – Dolisie – Brazzaville, qui relie les capitales du Gabon et de la République du Congo.
La situation actuelle du projet de la route Ndendé – Dolisie d’une longueur de 402 km est la suivante :
* Au Gabon, la Banque a approuvé, en Novembre 2019, un prêt BAD de 92,778 millions EUR et un prêt AGTF de 44,839 millions EUR pour financer la première phase du Projet d’Appui au Secteur des Infrastructures au Gabon (PASIG) consistant, entre autres, à la construction du tronçon routier Ndendé – Doussala (49 km) et du pont frontalier sur la rivière Ngongo,
* Au Congo, le projet routier d’une longueur de 353 km est conçu en deux (2) phases :
– Phase 1 (en cours d’exécution) et consistant, essentiellement, en la réhabilitation de la section en terre Ngongo – Kibangou (130 km) et le bitumage de la section Kibangou – Dolisie (93 km),
– Phase 2 est relative à la construction et bitumage des 130 km restant entre Ngongo et Kibangou.

C. DESCRIPTION DU PROJET

Conformément aux normes en vigueur, les caractéristiques géométriques du tracé en plan et du profil en long sont basées sur une vitesse de référence de 80 km/h (catégorie T80). Le profil en travers retenu est constitué, en rase campagne, une chaussée bidirectionnelle de 7 m de largeur et un accotement de part et d’autre de 1,5 m de largeur ainsi que les réservations pour le passage de la fibre optique. La structure de la chaussée est composée d’une couche de revêtement en béton bitumineux de 5 cm d’épaisseur, d’une couche de base en grave bitume de 9 cm d’épaisseur, d’une couche de fondation en grave concassée de 15 cm d’épaisseur et d’une couche de forme en matériaux d’emprunt de 20 cm d’épaisseur.

D. OBJECTIFS

L’objectif général du projet est de contribuer au développement des infrastructures physiques en soutien à la compétitivité économique de la région.
L’objectif sectoriel vise à : (i) contribuer à la dynamisation de l’économie des deux pays à travers l’augmentation des échanges commerciaux entre eux, ainsi qu’avec les autres pays de la sous-région, (ii) améliorer les conditions de vie des populations riveraines et leur accès aux services sociaux de base (eau potable, écoles, centres de santé) et (iii) relier Dolisie (Congo) à Mouila (Gabon) sur le linéaire de Brazzaville – Libreville.
De façon spécifique, le projet vise à : (i) améliorer l’efficacité́ de la chaine logistique de transport et réduire les coûts d’acheminement des produits transportés afin d’accroître leur degré́ de compétitivité́ sur le marché́ local, voire international et (ii) contribuer à l’amélioration des conditions de vie et à la réduction de la pauvreté́ dans les villes et localités situées le long de la route étudiée.
Les Etudes technique, économique, sociale et environnementales détaillées avec élaboration des dossiers d’appels d’offres ont été réalisées.

E. RESULTATS ATTENDUS

Les principaux résultats attendus du projet sont :
– la construction et le bitumage de 179 km de route,
– l’amélioration du niveau de service sur le corridor et l’accroissement du trafic et des échanges commerciaux en Afrique Centrale,
– la réduction des coûts du transport et logistiques,
– l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines et de leur accès aux services sociaux de base (eau potable, écoles, etc.).

F. ELIGIBILITE AU NEPAD

Le projet de construction et de mise à niveau de la route Ndendé – Dolisie s’inscrit en droite ligne des priorités du NEPAD.

G. COUT DU PROJET

Le coût total est estimé à 221,98 millions d’euros réparti comme suit : (i) 60,80 millions d’euros pour la construction et le bitume de la route Ndendé – Douassala et du pont frontalier sur la rivière Ngongo. Ces travaux sont entièrement financés par un prêt BAD et un prêt AGTF et (ii) 161,18 millions d’euros pour la construction et le bitume de la route Ngongo – Kibangou. Le financement de ces travaux est recherché.

H. VIABILITE DU PROJET

L’évaluation économique a été effectuée par le modèle HDM IV sur la base de l’analyse couts/avantages entre les situations « sans » et « avec projet », sur une période de 20 ans et un taux d’actualisation de 12%. La valeur résiduelle de l’investissement au terme de la période précitée est estimée à 30% du coût des travaux. Les coûts pris en compte sont les coûts économiques d’investissement et d’entretiens courant et périodique. Pour les besoins de l’analyse économique, les avantages quantifiables ont été déterminés sur la base des scénarii “sans projet” et “avec projet”. Les avantages économiques du projet sont : (i) les économies sur les coûts d’entretien de la route, (ii) les économies sur les coûts d’exploitation des véhicules constituées par les gains nets dégagés par le trafic normal, induit et dévié grâce à l’amélioration des conditions de circulation sur la route, (iii) les gains sur le temps de parcours des usagers calés sur le trafic motorisé et (iv) les avantages exogènes constitués par le surplus de la production agricole.
L’évaluation économique du projet permet d’obtenir un Taux de Rentabilité Interne (TRI) de 18,25% et une Valeur Actuelle Nette (VAN) positive de 29,5 millions d’euros. Dans le cas de variation des coûts ou/et des avantages de ± 10 %, les TRI restent dans une fourchette comprise entre 15,53% et 16,92% avec des VAN positive. Le TRI est toujours supérieur au coût d’opportunité du capital estimé à 12%. Le projet est donc économiquement rentable pour la collectivité.