Aménagement hydroélectrique de Chollet et des lignes électriques associées Cameroun – Congo – Gabon – Centrafrique

Sommaire

1. CONTEXTE

Depuis le 28 octobre 2010 les Gouvernements du Cameroun et du Congo ont signé à Brazzaville un protocole d’accord en vue de la construction de la Centrale hydroélectrique de Chollet et des lignes électriques associées.

Neuf ans plus tard, les deux États envisagent de passer à sa phase de réalisation d’autant plus que la demande actuelle est de plus en plus énergivore.

Les prévisions de la demande en électricité sur le réseau interconnecté Sud du Cameroun réalisées dans le PDSE 2035, sur la période 2010-2035, montrent que suivant le scénario haut (Taux de croissance PIB de 6,5% taux de croissance annuel moyen de consommation d’énergie BT et MT de 7%), la demande en puissance à la pointe à l’horizon 2025 sera d’environ 2200 MW, sans prise en compte des grands projets industriels énergivores et des interconnexions dont la demande cumulée sera de 2000 MW à cette même échéance. Quant à la République du Congo, la prévision de la demande à l’horizon 2035 est d’environ 2000 MW.

Cependant, les deux pays possèdent chacun un fort potentiel énergétique bien que n’étant pas assez développé pour couvrir toutes les attentes. Le Cameroun possède le troisième plus grand potentiel hydroélectrique en Afrique Subsaharienne, estimé à l’heure actuelle à plus de 20.000 MW en capacité d’équipement, avec un bassin versant de la rivière Sanaga fournissant près de la moitié du potentiel inexploité. La capacité de production installée à ce jour sur le Réseau Interconnecté Sud (RIS) est estimée à environ 1.235 MW. La mise en service à court et moyen termes des projets de nouvelles centrales (Mekin, Kribi, Memve’ele) permettra de porter cette capacité installée à environ 1980 MW à l’horizon 2020.

La République du Congo dispose de 04 centrales hydroélectriques en plus de 05 centrales thermiques.

2. DESCRIPTION DU PROJET

Le barrage de Chollet est une centrale hydroélectrique en projet avec une capacité prévue de 600 MW pour une hauteur de 108 m sur le cours inférieur du fleuve Dja.

Les rapides de Chollet se trouvent sur les eaux transfrontalières du fleuve Dja entre le Cameroun et le Congo.

Deux lignes à haute tension d’évacuation d’énergie sont prévues. Une de 700 km sera construite au Cameroun et l’autre de 1500 km au Congo. Le projet prévoit également d’alimenter la RCA, le Gabon et la Guinée équatoriale.

Il est envisagé, dans le cadre de ce projet, de couvrir en partie les besoins énergétiques du Cameroun et du Congo avec une interconnexion projetée vers la RCA et à long terme vers le Gabon et la Guinée équatoriale.

Le projet répond à la volonté des pays de la CEMAC d’optimiser l’utilisation de leurs ressources énergétiques par l’intégration des infrastructures de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique. Le projet s’inscrit dans le cadre global d’interconnexion des réseaux électriques des pays membres de la CEMAC. Il intègre la stratégie de l’alliance africaine sur les énergies renouvelables dans le cadre de l’organisation de coopération et de développement de l’interconnexion énergétique mondiale.

Les Termes de référence des études technique, économique, sociale et environnementale sont disponibles.

3. OBJECTIFS

L’objectif global du projet est de résorber le déficit énergétique des pays concernés par un approvisionnement additionnel régulier en électricité des réseaux interconnectés adjacents. L’objectif sectoriel est d’augmenter le taux d’électrification de chaque pays.

L’objectif spécifique est l’alimentation : (i) le développement d’une véritable industrialisation (nationale, sous-régionale et régionale), (ii) le développement de l’électrification transfrontalière, (iii) le développement d’activités génératrices de revenus et (iv) l’amélioration des conditions des populations.

4. RESULTATS ATTENDUS

Parmi les résultats liés au projet figurent l’amélioration de la disponibilité d’une source d’électricité fiable et durable, qui se traduira par une forte croissance économique et servira de catalyseur à de nouveaux investissements.

5. ELIGIBILITE AU NEPAD

Le projet d’aménagement hydroélectrique de Chollet et des lignes électriques associées s’inscrit en droite ligne des priorités du NEPAD.

6. COUT DU PROJET

Le coût du projet d’aménagement hydroélectrique de Chollet et des lignes électriques est estimé à 1.832 millions d’euros environ. Le financement déjà mobilisé est de 49,47 millions d’euros soit 3% environ des besoins.

7. VIABILITE DU PROJET

La mise en valeur de l’hydroélectricité est une priorité pour le développement socioéconomique des pays de la CEMAC et cadre bien avec les stratégies gouvernementales étant donné l’énorme potentiel hydroélectrique de la région.

Le commerce régional d’électricité est très important en Afrique centrale. En regroupant la demande énergétique des quatre pays, le projet permettra une plus large et plus efficace.

Le montage du projet sous la forme d’un Partenariat Public-Privé (PPP) a été arrêté par les États.