Construction du pont sur le fleuve Ntem

Construction du pont sur le fleuve Ntem

Sommaire

A. CONTEXTE

L’absence d’un ouvrage de franchissement permanent entre les deux rives du fleuve Ntem entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale constitue un handicap majeur à la mise en œuvre des politiques de développement économique et d’intégration de la CEMAC et du continent.
La construction de ce pont permettra d’assurer, de façon permanente, le franchissement du fleuve Ntem et de jouer un rôle décisif dans le développement de l’interconnexion des réseaux routiers régionaux. Le pont constituera un maillon important de l’infrastructure d’intégration et de développement des échanges entre les pays de la CEEAC et probablement au-delà.

B. ETAT DES LIEUX

Dans la situation actuelle, le trafic des marchandises usagers est obligé d’emprunter des itinéraires alternatifs, avec de grandes distances de parcours (la route Kribi – Ebolowa – Kyi Ossi – Bata de 515 km, non aménagée par endroits et en très mauvais état par ailleurs), ce qui engendre des temps de voyages encore plus longs et des dépenses additionnelles liées aux coûts d’exploitation des véhicules. En ce qui concerne les passagers, la traversée se fait actuellement dans des pirogues artisanales payantes, avec des mesures de sécurité très limitées voire précaires.

C. DESCRIPTION DU PROJET

Le projet consiste principalement en la construction d’un pont sur le fleuve Ntem entre Campo (Cameroun) et Rio Campo (Guinée Equatoriale), maillon manquant sur le corridor Yaoundé-Bata-Libreville et la mise en œuvre de mesures de facilitation du transport et du transit routier sur cet axe. L’emplacement du pont à construire est situé à 920 m environ en amont de l’embouchure. Le projet comprend construction d’un pont caisson en béton précontraint construit par encorbellements successifs d’une longueur totale de 972 m (6 travées intermédiaires de 135 m et 2 travées de rives de 81 m) avec une chaussée bidirectionnelle de 7 m de largeur et deux pistes cyclables de 1,5 m chacune et de deux trottoirs de 1,5 m chacun, y compris les mesures environnementales ; (ii) aménagement de 933 m de voie de raccordement à la localité de Campo au Cameroun ; (ii) aménagement de 600 m de voie de raccordement à la localités de Rio Campo en Guinée Equatoriale.

D. OBJECTIFS

L’objectif général du projet est d’assurer l’aménagement du territoire et l’amélioration du système de transport de la région et contribuer ainsi au développement et à la compétitivité économique de la zone transfrontalière des deux pays.
L’objectif sectoriel du projet est l’amélioration du niveau de service sur le Corridor Yaoundé-Bata-Libreville en vue d’accroitre les échanges commerciaux transafricains. Spécifiquement, le projet vise : (i) la promotion des échanges commerciaux Inter Etats, en particulier, entre la Guinée Equatoriale et le Cameroun ; (ii) l’amélioration de la fluidité du trafic sur le corridor Yaoundé-Bata-Libreville et ses ramifications routières ; (iii) la réduction du temps de parcours et les coûts de transport ; et (iv) l’amélioration de l’accessibilité des populations de la zone d’influence du projet aux services de base.
Les Etudes technique, économique, sociale et environnementales détaillées avec élaboration des dossiers d’appels d’offres sont en voie d’achèvement.

E. RESULTATS ATTENDUS

Les principaux résultats attendus du projet sont :
– la construction du pont et de ses raccordements routiers,
– la réduction des coûts généralisés de transport,
– la fluidité de circulation des personnes et des biens,
– l’amélioration des conditions de vie des populations de la zone d’influence,
– l’accroissement et le renforcement des échanges économiques Inter – Etats à travers une amélioration quantitative et qualitative des infrastructures de transport, pour répondre aux besoins du développement durable et de l’intégration régionale.

F. ELIGIBILITE AU NEPAD

Le projet de construction du pont sur le fleuve Ntem s’inscrit en droite ligne des priorités du NEPAD. Il fait partie intégrante du Premier Programme Prioritaire du Plan Directeur Consensuel des Transports en Afrique Centrale (PPP/PDCT-AC). IL est, par ailleurs, inscrit dans le Plan d’Actions Prioritaires du PIDA (PAP-PIDA), à travers le Projet TR21 portant sur l’interconnexion des Capitales des pays membres de la CEMAC.

G. COUT DU PROJET

Le coût total du projet est estimé à 111,94 millions d’euros environ. La Banque Africaine de Développement a alloué un montant de 78,35 millions d’euros soit 70% du coût total pour contribuer au financement du projet.

H. VIABILITE DU PROJET

L’analyse économique a été conduite sur la base de l’analyse coûts-avantages, entre les situations « sans » et « avec » projet sur une période de 30 ans. Il est pris en compte un taux d’actualisation de 12% et une valeur résiduelle (Pont et accès) moyenne de 30%.
Les données prises en considération sont les coûts d’investissements hors toutes taxes, liés aux travaux, au contrôle et au suivi de l’exécution des travaux, ainsi qu’aux imprévus physiques.
Les avantages économiques quantifiables, sont liés : (i) au trafic passagers qui portent sur les bilans, d’une part, des temps passés par les usagers sur les itinéraires alternatifs à défaut de traversée par bac, et, d’autre part, des coûts de transport relatifs à la traversée et aux coûts d’approche du pont et (ii) au transport des marchandises, qui sont également liés aux gains de temps et de coûts d’exploitation des véhicules.
L’analyse économique permet de dégager un Taux de Rentabilité Interne satisfaisant de 19,54%.